samedi, septembre 16, 2006

 
16 septembre : Camp de base avancé (5700 m). Les informations ci-dessous, concernant les journées des 14, 15 et 16 septembre, sont transmises directement du camp de base, la liaison internet ayant été établie. 14 septembre. Déplacement vers le camp de base intermédiaire (5200 m). Le temps est beau. Depuis le camp de base ‘’véhicule’’, nous marchons trois heures sur une route rocailleuse qui s’élève doucement jusqu’au camp de base intermédiaire. Deux ponts militaires permettent de franchir deux rivières importantes.[Ces ouvrages me rappellent un léger contre-temps en Argentine. Un pont similaire, de l’armée d’Argentine, devait nous permettre de rejoindre, en véhicule, le point de départ de la marche d’approche à 1700 m. Or, un flot important avait fait déborder la rivière, entraînant tout sur son passage, dont ce pont. Ce dernier, fortement endommagé, était infranchissable en véhicule. Nous l’avons donc traversé à pied, rallongeant, de ce fait, de deux jours notre marche d’approche]. Pendant toute la marche, j’ai visibilité sur des “6000”, notamment le Jobo Rabzang (6666 m), montagne enneigée très accidentée par des séracs (importants blocs de glace) et des crevasses; cette montagne me rappelle l’Huascaran, le plus haut sommet du Pérou. Nous parvenons au camp de base intermédiaire, où se trouvent deux grandes tentes dont l’intérieur est organisé et décoré à la façon tibétaine. Deux femmes vendent du thé, de l’eau, et autres boissons gazeuses. Boire est essentiel à l’acclimatation, et nous profitons de l’eau en bouteille; en effet, plus haut, seule l’eau bouillie, issue des glaciers et de la neige, sera disponible. Quatre heures plus tard, arrive le troupeau de yacks qui transporte la logistique et tous nos sacs. Les yacks semblent être des animaux quelque peu capricieux, et nous assistons, lors de leur déchargement, à une véritable corrida " tibétaine ". Les effets de l’altitude commencent à se faire sentir à 5200 m. Un sherpa éprouve des douleurs aux dents, je trouve deux femmes médecins, appartenant à un groupe d’Allemands en trekking, qui acceptent d’y jeter un oeil . 15 septembre. Déplacement vers le camp de base avancé (5700 m). Le temps est beau. Quelle foule dans ce camp de base avancé ! Plusieurs dizaines de tentes sont installées sur la moraine, environ 50 expéditions, selon la rumeur, dont un groupe d’une centaine de chinois! Il faut dire que le Cho Oyu est un sommet de 8000 m réputé facile sur le plan technique, et qui, à ce titre, attire beaucoup de monde. Il est intéressant de rencontrer des équipes de nationalités différentes. Néanmoins, j’avoue que cette affluence dans la montagne ne m’attire guère. En fait, pour des raisons de logistique, et aussi parce que ce camp de base avancé est correctement situé pour l’accès au Palung Ri, nous avons été constraints de nous y installer. Pour rejoindre ce camp de base avancé, nous nous sommes déplacés sur des sentiers qui dominent un gigantesque glacier. Ce dernier rejoint, au sud, le col de Nangpa La ( " la " signifie " col " en tibétain ). [ Je découvre ce col célèbre, qui est évoqué dans les ouvrages concernant cette région. Il est entouré de montagnes de 6000 m, aux parois striées, qui me rappelent les montagnes péruviennes. De tous temps, ce col a été un lieu de passage permettant de relier le Népal et le Tibet. Ainsi, au XVème siècle, les ancêtres des fameux sher-pas (ou " gens qui viennent de l’est " : en tibétain, " sher " signifie " qui viennent de l’est " et " pa " se traduit par " gens " ) ont fui la région du Kham située à l’est du Tibet. Après un exode de plusieurs années, après avoir marché 2000 kilomètres, ils ont franchi ce col pour s’établir dans la région frontalière du Khumbu au Népal. Quelques siècles plus tard, dans les années 1950, de nombreux tibétains ont passé ce col, afin de fuir le régime chinois. Aujourd’hui encore, il semble que des colonnes de yacks lourdement chargés, en provenance du Tibet, le franchissent pour vendre divers produits au Népal. Néanmoins, les échanges commerciaux s’effectuent aujourd’hui par la route qui franchit la passe de Kodari, celle que nous avons empruntée pour rejoindre Tingri depuis Katmandu, et qui se poursuit jusqu'à Lhassa ]. Le troupeau de yacks arrive peu de temps après nous. Nous installons notre camp sur la moraine, au bord du glacier, bien en amont des dernières tentes. Durant ces quinze prochains jours, nous ne descendrons pas en dessous de cette altitude de 5700 m. 16 septembre. Journée d’acclimatation au camp de base avancé. Au cours de la nuit du 15 au 16 septembre, des chutes de neige ont recouvert les tentes. Le matin, le ciel est très couvert. Néanmoins, au cours de l’après-midi, le soleil réapparaît, et la couche de neige disparaît. Nous sommes au bord d’un glacier, une masse de glace en mouvement permanent. C’est surtout la nuit que nous entendons les craquements ainsi que les chutes de séracs, engendrés par ces mouvements. NB: la somme atteinte (si sommet) grâce à l'ensemble de vos promesses de dons s'élève à 21 780 euros.





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